Méthode & preuves 7 min de lecture

Dans quel ordre mettre les sections d’un CV : ce que disent les sources, et ce qu’elles taisent

17 septembre 2026

En bref

Formation avant expérience ou l’inverse, compétences en haut ou en bas, projets nulle part : les guides de CV se contredisent, et les plus sérieux ne se prononcent pas. Ce qui est vérifiable, ce qui relève du choix, et comment trancher.

Tout le monde sait qu’un CV se lit de haut en bas. Presque personne ne décide consciemment de ce qui en occupe le haut. L’ordre des rubriques est hérité du gabarit téléchargé, et il reste tel quel pendant toute une recherche d’emploi.

Nous sommes allés voir ce que les sources disent réellement. Le résultat est plus intéressant que la réponse attendue : les références les plus solides ne se prononcent pas, et celles qui se prononcent ne sont pas d’accord entre elles.

Les sources les plus sérieuses ne disent rien

Le Guichet-Emplois du gouvernement du Canada consacre une page entière à la rédaction d’un CV. Elle ne donne aucun ordre de rubriques. Deux consignes seulement touchent au placement : les coordonnées vont en haut de la première page, et il faut mettre l’accent sur l’expérience la plus récente. C’est une consigne de contenu, pas de structure.

Le Service de placement de l’Université Laval publie dix conseils pour adapter un CV au marché québécois. Aucun ne porte sur l’ordre des sections. Le seul placement évoqué concerne les expériences concrètes, stages et emplois étudiants, à placer sur la première page.

Une source qui se tait n’est pas une source qui approuve. Si aucune autorité publique ne prescrit d’ordre, c’est que l’ordre n’est pas une règle : c’est une décision qui vous revient.

Le seul critère explicite trouvé : la récence

Une source québécoise formule une règle claire, et une seule. Il s’agit d’un billet publié sur le blogue de Jobillico, écrit par une conseillère en employabilité. Elle en énonce les deux volets séparément.

Cette rubrique est placée après la rubrique « Coordonnées » si les diplômes obtenus sont plus récents que l’expérience.

Et, sous la rubrique des expériences de travail, la réciproque : celle-ci peut précéder la formation si les emplois occupés sont plus récents que les diplômes obtenus.

La nuance grammaticale mérite d’être relevée, parce qu’elle dit quelque chose. La formation « est placée » devant, à l’indicatif. L’expérience « peut précéder », au registre du possible. Autrement dit : un diplôme plus récent que le dernier emploi passe devant, et l’inverse est permis sans être imposé.

C’est la règle la plus utile que nous ayons trouvée, parce qu’elle repose sur un fait vérifiable dans votre propre CV plutôt que sur une appréciation. Vos dates répondent à la question à votre place.

Une autre école raisonne par profil

Un blogue carrière français aborde la même question autrement, par cas d’usage, sans jamais parler de récence. Il propose trois configurations.

  • Jeune diplômé peu expérimenté : contact, résumé, formation, expériences, compétences. La justification donnée est que c’est la formation qu’il faut mettre en valeur, et qu’elle doit apparaître rapidement.
  • Profil expérimenté : contact, titre, compétences, expériences, formation. Le raisonnement inverse s’applique, puisqu’il n’est pas utile de mettre en avant une formation ancienne.
  • Changement de carrière : la formation est scindée en deux, la formation récente remonte près du haut et la formation initiale redescend en bas.

Les deux écoles se rejoignent plus qu’il n’y paraît. Le jeune diplômé a, par construction, un diplôme plus récent que ses emplois. Le profil expérimenté a l’inverse. Le critère de récence et le critère de profil pointent la plupart du temps dans la même direction, mais le premier se vérifie, là où le second se discute.

Les guides ne s’accordent même pas sur les compétences

Là où le désaccord devient net, c’est sur la section des compétences. Un centre de services à l’emploi publie une liste ordonnée qui place un sommaire des compétences juste après les coordonnées, donc avant l’expérience professionnelle. Le blogue français, lui, ne remonte les compétences que pour les profils expérimentés et les laisse après l’expérience pour un jeune diplômé.

Il faut saluer l’honnêteté du premier, qui ajoute sous sa propre liste une note explicite : l’ordre des sections n’est qu’une suggestion. C’est la phrase la plus juste de tout ce que nous avons lu sur le sujet.

Ce dont aucune source ne parle : les projets

Nous avons lu cinq pages consacrées au CV, dont deux spécifiquement à l’ordre des rubriques. Aucune ne mentionne une section « Projets ». Le plus proche est une rubrique « réalisations », présentée comme facultative et placée en dernier.

C’est un angle mort, et il compte. Pour un profil en informatique, en design, en science des données ou en génie, un projet personnel ou académique porte souvent plus de preuve technique qu’un emploi alimentaire. Les guides n’ont simplement pas suivi cette évolution.

En l’absence de convention, il faut donc argumenter plutôt que citer. Notre position est simple : ce qui répond le mieux à l’offre visée mérite d’être lu en premier. Si vos projets couvrent davantage d’exigences du poste que vos emplois, ils passent devant.

Et les robots de tri dans tout ça

Un système de suivi des candidatures repère les sections par leurs intitulés. « Expérience », « Formation », « Compétences » sont des libellés qu’il sait reconnaître. Un intitulé inventé ou poétique, lui, peut ne correspondre à rien.

La conséquence pratique est rassurante. Déplacer un bloc entier en gardant son titre conventionnel ne gêne pas la lecture automatique, parce que rien dans le document n’a changé de nom. Ce qui la gêne, ce sont les colonnes, les tableaux, les encadrés et les titres fantaisistes.

Réordonner des sections standard, correctement intitulées, dans une seule colonne : c’est la liberté que la lecture automatique tolère. Renommer les rubriques ou multiplier les colonnes, non.

Côté score, précisons quelque chose que notre propre outil rend évident : un comparateur de mots-clés lit le document en entier avant de chercher. Déplacer une section ne peut donc pas faire monter un score de compatibilité d’un seul point. L’ordre ne joue pas sur la machine. Il joue sur l’humain qui lira après elle, et qui, lui, ne lira peut-être pas jusqu’en bas.

Trois questions pour trancher votre cas

  1. Votre dernier diplôme est-il plus récent que votre dernier emploi, ou en cours pendant celui-ci ? Si oui, la formation remonte juste derrière le bloc qui ouvre le CV. C’est le cas de tout étudiant et de tout jeune diplômé.
  2. Pour cette offre précise, vos projets couvrent-ils plus d’exigences que vos emplois ? Si oui, remontez-les devant l’expérience, et seulement pour cette candidature.
  3. Y a-t-il, dans votre parcours, un élément que les dates ne peuvent pas voir ? Une certification qui est l’exigence centrale du poste, une reconversion assumée. Alors tranchez à la main : vous savez ce que votre CV ne dit pas.

Une précision qui évite une erreur fréquente : réordonner les sections ne veut pas dire réordonner leur contenu. À l’intérieur de chaque rubrique, l’ordre antichronologique reste la règle, du plus récent au plus ancien. On choisit quel bloc vient en premier, jamais quelle expérience vient en premier.

Ce que Carriv en fait

Lors de la génération, l’ordre est décidé par le code, à partir des faits du CV, jamais par le modèle de langue. Le bloc qui ouvre est l’expérience ou les projets, celui des deux qui couvre le plus de mots-clés de l’offre, mesuré avec le même comparateur que le score. La formation vient ensuite : deuxième quand les études sont la partie la plus récente du parcours, troisième sinon. Elle n’est jamais première, jamais dernière. Les compétences et les certifications ferment, dans cet ordre.

Une exception garde cette préférence honnête. Quand l’offre pose des exigences fermes et que ni l’expérience ni les projets n’en couvrent une seule, c’est la formation qui ouvre. C’est le cas de l’étudiant en informatique dont le seul emploi est derrière une caisse d’épicerie : ouvrir sur « Commis » pour un stage en développement mettrait la ligne la moins pertinente à l’endroit le plus lu. Ouvrir sur la preuve n’a de sens que tant que la preuve prouve ce qu’on a demandé.

Cela nous écarte de la seule convention sourcée de cet article. Jobillico place la formation devant l’expérience dès que les diplômes sont les plus récents ; chez nous, un étudiant dont l’emploi répond mieux à l’offre verra son diplôme passer deuxième. Nous préférons la pertinence à la récence, et nous le disons plutôt que de nous réclamer d’une règle que nous ne suivons plus.

Le résultat est reproductible : le même CV et la même offre donnent toujours la même pile. Il reste discutable, donc vous pouvez monter ou descendre chaque section à la main dans l’atelier. Le sommaire ouvre toujours le document et les sections personnalisées le referment, parce qu’un sommaire en troisième position n’est plus un sommaire.

Nous n’avons pas remonté les compétences sous le sommaire par défaut, alors qu’une source le suggère. Quand les guides se contredisent à ce point, imposer un camp à tout le monde serait plus arbitraire que de laisser la main.

Questions fréquentes

Faut-il mettre la formation avant l’expérience sur un CV ?

Seulement quand vos diplômes sont plus récents que vos emplois. C’est le seul critère explicite trouvé dans les guides québécois, formulé par une conseillère en employabilité : la formation est placée après les coordonnées si les diplômes obtenus sont plus récents que l’expérience. Un étudiant ou un jeune diplômé est donc dans ce cas.

L’ordre des sections change-t-il le score ATS ?

Non. Un comparateur de mots-clés lit le document en entier avant de chercher, donc déplacer une section ne peut pas faire varier le score. L’ordre agit sur le recruteur humain, qui, lui, ne lit pas forcément jusqu’en bas.

Peut-on réorganiser les sections sans casser la lecture automatique ?

Oui, tant que les intitulés restent conventionnels. Un logiciel de tri repère les sections par leur titre, pas par leur position. Ce qui casse la lecture, ce sont les colonnes, les tableaux et les titres inventés, pas l’ordre des blocs.

Où placer la section Projets sur un CV ?

Aucun des guides consultés ne traite cette question : la rubrique Projets n’y existe pas. En l’absence de convention, le critère le plus défendable est la pertinence à l’offre visée. Si vos projets couvrent plus d’exigences du poste que vos emplois, placez-les avant l’expérience.

Mettez ces conseils en pratique

Carriv adapte votre CV à chaque offre et calcule votre score ATS — à partir de vos vraies expériences, sans rien inventer.

Essayer gratuitement